Légende n° 5868747749099833001
Celui qui se tient entre deux mondes
La lisière n'est ni la forêt ni le champ. C'est la bande étroite où les deux se touchent, et c'est là, disent les naturalistes, qu'on trouve le plus de vie. Les bêtes y viennent parce qu'on peut y manger au clair et se cacher en trois pas. Les gens détestent cet endroit : ils veulent savoir s'ils sont dedans ou dehors, avec ou sans, avant ou après. Ce tumbler est pour les périodes où l'on ne sait pas encore. Le divorce prononcé mais pas digéré. Le métier quitté, le suivant pas trouvé. La ville nouvelle où l'on ne connaît personne. Le décor peint sur ses flancs représente exactement cet instant : les arbres sont encore là, la clairière commence, la lumière est indécise. Il n'y a rien à réparer dans cette période. Il y a juste à la traverser en s'hydratant. La lisière n'est pas une salle d'attente, c'est le lieu le plus vivant de la forêt.

