Légende n° 1745342855116232102
Celle qui se lit quand elle est vide
Dans certains ateliers de céramique japonais, on inscrivait un mot au fond du bol, invisible tant qu'il restait du thé. Le buveur ne le découvrait qu'après, une fois le geste terminé. C'était une manière de dire que la reconnaissance vient rarement pendant : elle vient après, quand on revoit la scène. Cette tasse fonctionne ainsi. Au fond, sous l'émail bleu, une phrase que vous aurez choisie apparaît quand il ne reste rien à boire. Beaucoup de gens y font écrire un prénom, ou trois mots simples. On nous demande souvent d'y graver « c'était bien ». La gratitude n'est pas une obligation morale ni une pensée positive de façade. C'est un exercice de mémoire : se rappeler ce qui a été bon, alors que le cerveau est bâti pour retenir surtout ce qui a fait mal. Buvez, videz, lisez. Recommencez demain. C'est un entraînement, pas un miracle.

